Le Libraire est parti en voyage depuis le 13, lundi passé. J’ai découvert que je vivais un deuil malgré moi. Il appelle, il écrit. Mais, je suis déboussolée par son départ, non par son absence.
Je découvre depuis mon rendez-vous chez la psy, également lundi passé, que j’ai toujours été consciente de la mort. Je n’ai pas peur de mourir, j’ai peur que la personne que j’aime meurt. Ça m’empêche de vivre mes émotions positives, je l’avoue. Je suis très consciente de la fragilité de la vie. Je ne suis pas le genre de personne qui pense que les gens que j’aime seront toujours en vie, en santé.
J’ai vraiment beaucoup de misère à aimer quelqu’un sans penser au deuil que j’aurai à faire lorsque cette personne mourra. J’y pense dès que cette personne entre dans ma vie. Je pense à la solitude que je vivrai quand mes amis mourront, je n’ai pas envie de vivre vieille et seule.
Et je ne veux pas d’enfants parce que je ne veux pas qu’ils soient malades, vieux, ou qu’ils meurent. Je ne veux pas affronter qui je suis avec eux et qui ils seront avec moi. Je ne veux pas vivre le deuil de leur mort.
Pour moi, c’est impossible de vivre une vie où j’aurai un homme et des enfants heureux, en santé, vivant plus longtemps que moi et tout le monde équilibré. J’ai l’impression que ma vie sera aussi ardue et tortueuse qu’elle l’a été jusqu’à maintenant et je n’ai pas envie de ça.
Je me sens seule et j’ai beau m’entourer, faire des efforts pour m’ouvrir, je me sens seule. Je me sens mal à l’aise en société, mal à l’aise avec les gens. Je me sens comme si je n’avais rien d’intéressant à dire même si ce n’est pas vrai. Mais, je ne me sens pas diplomate, pas habile. Je me sens triste de ça et en même temps, j’ai encore plus le goût de m’isoler et je finis par y prendre goût. Comment je vais faire pour développer une relation avec Le Libraire ?
Aussitôt que je passe du temps seule, je redeviens sauvage, un deuil se fait. S’il ne m’avait pas contactée aussi souvent cette semaine, j’aurais accompli avec succès le processus de la peine d’amour. Je me détache des gens automatiquement. Pourquoi je me prends la tête comme ça ? Est-ce que c’est pour ça que je suis celle qui appelle les autres au lieu que les autres m’appellent ?
Je n’ai plus le goût d’être amie avec ceux qui sont mes « amis ». Je suis tannée d’être sans nouvelles d’eux des semaines à la fois. Je suis tannée d’être oubliée. Je me sens abandonnée. À quoi ça sert l’amitié dans ce temps-là ? Si c’est pour ne pas se parler et ne rien faire ?
Quand j’appelle P2, sa blonde est gossante. L’Homme m’oublie et je ne parlerai pas du Prince Charmant. Quant à Patrick le Deuxième, je veux l’oublier. Peut-être que je suis mieux de tous les oublier. Peut-être que je suis rendue là. Ça me fait de la peine, je n’ai pas envie de ne plus avoir d’amis. En même temps, je ne peux plus les considérer des amis vraiment. A.B. non plus puisqu’elle oublie de m’appeler aussi. Et M. ?
Encore des deuils à faire. Je suis tannée. Je serai encore seule.
Archivé sous: Général | Tagué : A.B., Angoisse de la séparation, Deuil, Libraire, M., Mort, P.B., P.P., Personnalité évitante, Solitude, Voyage


Great post! I’ll subscribe right now wth my feedreader software!